La Rhune, déformation orthographique du nom basque ‘Larrun’ qui signifie lieu de pâturage, est un des premiers sommets du massif pyrénéens en partant de la côte atlantique. Culminant à 900 mètres, il offre un point de vue époustouflant par beau temps sur tout le Golfe de Gascogne d’un côté et la chaîne des Pyrénées de l‘autre.

La Rhune, déformation orthographique du nom basque ‘Larrun’ qui signifie lieu de pâturage, est un des premiers sommets du massif pyrénéen en partant de la côte atlantique. Culminant à 900 mètres, il offre un point de vue époustouflant par beau temps sur tout le Golfe de Gascogne d’un côté et la chaîne des Pyrénées de l‘autre.

Elle a été le théâtre de nombreux épisodes de l’histoire humaine depuis des millénaires et l’on retrouve encore aujourd’hui la trace de cromlechs préhistoriques, de redoutes militaires datant des batailles du règne de Louis XIV ou de Napoléon, ou bien des premières randonnées touristiques de l’impératrice Eugénie et de sa cour lors de ses séjours estivaux à Biarritz.

Mais aujourd’hui, c’est à ses habitants les plus discrets que nous voulons vous présenter. Qu’il s’agisse du fameux “pottok” ou de la mystérieuse “betizu”, de la brebis à tête noire “manex” ou d’espèces carnivores telles que “saia” le vautour fauve, toute une faune et une flore unique vit et survit en maintenant distanciation sociale et gestes barrières avec nous autres humains !

Echappez vous avec nous l’espace d’un instant et venez parcourir les flancs de La Rhune et survoler les paysages enchanteurs du Pays Basque. Un ptit café, et on part en vadrouille 😉

Pottok – le petit cheval symbole du Pays Basque

Le “pottok” (prononcer “potiok”) est un des symboles et une des fiertés du Pays Basque. En effet, les origines de ce petit cheval remontent à des temps immémoriaux. Il serait le descendant des premiers chevaux apparus dans le sud-ouest européen il y a de ça 1 million d’années ! Plus récemment (enfin, y a un bail quand même…) il a été représenté en peinture sur les parois de grottes habitées entre 80 000 et 10 000 ans avant notre ère…ce qui atteste de sa présence continue et millénaire en Pays Basque.

Pottoks sur La Rhune © Rhune.com

Trapu et costaud, le pottok s’est très bien adapté à un environnement montagneux et relativement pauvre en pâturages verdoyants. D’une taille modeste (moins d’ 1 mètre 32 et moins de 350 kg en général), il s’est forgé une résistance à toute épreuve face aux éléments. Mais cela l’a presque conduit à sa perte lorsqu’au XIX° siècle on le trouva idéal pour le travail dans les mines de charbon du nord et de l’est de la France.

Aujourd’hui, la race du pottok est considérée comme une espèce à protéger et ses éleveurs bénéficient d’une prime pour les aider à faire survivre le petit cheval basque dans son environnement naturel. C’est ainsi que l’on peut toujours l’admirer (en maintenant ses distances bien sûr) sur les flancs du massif de La Rhune !

Manex – la brebis à tête noire ou rousse

Certainement moins connue que le fromage produit grâce à son lait généreux (l’Ossau-Iraty), la brebis “manex” (prononcer “manèche”) est pourtant l’un des piliers de la culture basque. Partons à sa rencontre !

Brebis manex sur La Rhune © Rhune.com

Sur les flancs de La Rhune et dans tout le Pays Basque, il n’est pas rare de tomber nez-à-nez avec un étrange mouton blanc à tête noire, voire rousse. Les femelles sont dépourvues de cornes mais les béliers peuvent être assez impressionnants ! Assez élégante avec sa robe blanche à poils longs et non-bouclés, l’espèce connaît un véritable renouveau depuis la création de l’AOP (appellation d’origine protégée) du fromage de brebis Ossau-Iraty, rassemblant les éleveurs basques et béarnais pour une cause commune depuis les années 80. En basque, fromage de brebis se dit “ardi gasna” et on l’accompagne souvent d’une confiture de cerises noires. Avec le sagarno (vin de pomme), le piment d’Espelette et le jambon de Bayonne, c’est sûrement l’un des produits gastronomiques les plus connus du Pays Basque.

La tradition pastorale basque rythme la vie des villages, notamment lors de cette période estivale que l’on appelle la ‘transhumance’. Chaque année, après les rudesses de l’hiver, les bergers partent pour quelques semaines voire des mois vers les pâturages d’estive. Ce sont ces prairies de montagne dans lesquelles les brebis viennent brouter après l’agnelage (naissance des agneaux) qui donnent au fromage de brebis basque son goût si unique. Il sera consommé après une période d’affinage allant de 2 à 4 mois.

Betizu – la vache sauvage

Autre singularité de la faune de La Rhune, la vache sauvage Betizu (ou ‘betiso’) profite elle aussi des points de vue magnifiques sur le Pays Basque et la côte Atlantique. C’est une des dernières espèces bovines sauvages d’Europe, un cas unique en France !

Vaches betizus © Conservatoire des Races d’Aquitaine

Vivant en troupeaux relativement restreints, la vache sauvage du Pays Basque se déplace entre les pâturages de montagne et les milieux plus forestiers au gré des saisons. On la reconnaît aisément à sa robe brun/rouge et à ses cornes lancées en arrière en signe de défi. Il est aussi difficile de se tromper quand on la croise car au final, c’est la seule espèce à encore vivre sa vie ainsi sans contraintes !

Moins docile que le pottok ou la brebis manex, la Betizu ne se laisse pas facilement approcher et il faut parfois s’équiper de jumelles pour pouvoir l’admirer. On estime sa population à moins de 150 têtes et le statut de vache sauvage n’existant pas encore dans la législation française, aucune mesure de protection n’a été prise pour préserver la race. Du côté espagnol, la protection de cet animal ancestral est un enjeu politique et scientifique pourtant reconnu. Il faut dire que la vache Betizu est devenue la star d’un programme télévisé de langue basque pour enfants, ce qui a permis de la remettre au centre des préoccupations. A quand une version francophone de l’émission ?!

La question de la préservation de la vache sauvage basque Betizu peut paraître secondaire, mais sa présence dans le folklore basque et dans sa mythologie en font aujourd’hui un symbole. Libre et sauvage mais aussi grégaire et attachée à sa montagne, ses caractéristiques nourrissent des parallèles avec l’histoire du peuple basque, évidemment.

Saia – le vautour fauve

Insaisissable, charognard et téméraire, voilà trois adjectifs qui ont fait du vautour fauve (aussi dénommé ‘griffon’ autrefois) un grand rapace autant admiré que redouté des hommes. Si sa population européenne a très largement diminué, on le retrouve encore facilement survolant l’ouest des Pyrénées et sur les flancs La Rhune. Entretien avec un vampire…

Vautours fauves © Pyrenees-parcnational.fr/

Un vautour fauve est un animal extrêmement impressionnant. D’une envergure pouvant atteindre 2 mètres 80 et un poids approchant les 10 kilos, le voir de près est une expérience assez haletante. On l’entend tout d’abord fendre l’air puis on l’aperçoit planer, quasi systématiquement en groupe avant de littéralement nettoyer des carcasses, parfois imposantes, des autres espèces peuplant les versants de la montagne basque. C’est ce qu’on appelle la ‘curée’. D’ailleurs, son absence de plumage le long du cou et sur l’ensemble de sa tête lui permet d’aller déchiqueter les chairs avec entrain sans pour autant se salir ! A noter toutefois que ‘fauve’ n’est pas chauve, cette partie de son corps est recouverte d’un duvet…

Mais au détour des années 70, suite à de nombreux massacres, la population pyrénéenne de vautour fauve avait atteint des niveaux extrêmement faibles et l’on a bien cru que l’espèce allait disparaître. Pourtant, elle est parfaitement adaptée aux régions d’élevage et essentielle à son environnement. Une sorte de super-éboueur des montagnes qui nettoie en un clin d’œil les carcasses de brebis mortes en estive.

Toutefois, l’équilibre entre l’homme et l’animal reste fragile. Depuis l’interdiction faite aux éleveurs de porcs ‘d’abandonner’ des carcasses dans les vallées pyrénéennes, le vautour fauve va parfois s’attaquer à du bétail vivant pour subvenir à ses besoins en nourriture. Cela reste un phénomène extrêmement rare mais nourrit les peurs de ceux qui voient encore dans cet étrange oiseau pas comme les autres un mauvais démon.

Drosera – la plante carnivore à protéger

Une plante carnivore sur les flancs de La Rhune ?! Mais oui, c’est bel et bien le cas. N’ayez pas peur d’y perdre un mollet pour autant, c’est plutôt la ‘drosera’ qui aurait à craindre pour sa survie dans un milieu très fragile, celui du plateau des trois fontaines.

Drosera Rotondifolia © Rhune.com

Si La Rhune est davantage connue pour ses flancs nus balayés par les vents, il existe un plateau à l’environnement unique, le col des trois fontaines. Protégé par une petite forêt, tout un ensemble de mousses et de sphaignes prospère sur un sol spongieux baigné par le ruissellement des eaux de pluie (car oui, il arrive qu’il pleuve au Pays Basque !). C’est là, dans l’ombre et le silence que se développe le Rossolis (aussi connu sous le nom de ‘drosera rotondifolia’).

Cette fois, pas de risque pour le bétail, ni pour les promeneurs ! Si l’on parle bien de plante carnivore, elle ne digère que des insectes de toute petite taille. C’est grâce à ses longs cils aux boutons visqueux qu’elle capture ses proies. Attirées par ses couleurs vives et le scintillement de la rosée, celles-ci s’approchent trop près et une fois entrées en contact avec la drosera, elles ne peuvent plus s’en échapper.

La floraison, qui a lieu chaque année de juin à septembre, est un véritablement enchantement. Mais elle coïncide aussi avec les grandes vacances et le nombre de randonneurs augmente très fortement sur les sentiers et les flancs de La Rhune. Or c’est bien le passage de l’homme qui peut endommager les tourbières et ainsi tout l’environnement propice au développement de la drosera. Si cette fleur vous plaît, sachez qu’on trouve en pépinière des spécimens de culture, nul besoin de la cueillir en plein air (ce qui est d’ailleurs totalement interdit). Au contraire, c’est en liberté qu’elle survit et ainsi nous ravit..!

BONUS – le vacancier en vadrouille estivale !

Allez, un ptit bonus pour ceux qui sont allés jusqu’au bout de cet article ! Impossible de parler de la faune et de la flore de La Rhune sans mentionner ces étranges petits animaux, qui, le plus souvent munis d’une casquette vissée sur la tête, patientent sous un soleil de plomb en attendant de pouvoir embarquer sur le très populaire petit train de La Rhune…

© Bob Edme – Mediabask.eus

Lors de votre prochain séjour en Pays Basque, n’hésitez pas à prendre votre temps, à ouvrir les yeux et profiter du paysage, de la faune et de la flore de La Rhune. Sachez qu’elle vous regardera passer sans aucun doute !


SOURCES : 

  • Rhune.com
  • Ossau-iraty.fr
  • Racesaquitaine.fr/-La-Vache-Betizu-
  • Journal Sud-Ouest (3 avril 2019) Pays Basque : qui pour garder les betizu ?
  • France3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/pyrenees-atlantiques/pyrenees-atlantiques-touristes-decouverte-du-grand-vautour-fauve-ciel-basque-1711046.html
  • Especes-menacees.fr/actualites/attaque-vautours-vache-pays-basque-reponse-expert/
  • Inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/95442/tab/fiche

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